Dames du XIIe siecle, T.1 by Georges Duby

By Georges Duby

Je présente ici six figures de femmes que j'ai choisies parmi les moins indistinctes. C'est un graduation. Un autre livre traitera du keepsake des aïeules, tel qu'il se conservait dans les maisons de haute noblesse, précisant l'image que les chevaliers faisaient en ce temps des dames. J'examinerai enfin, dans un dernier tome, quels jugements portaient sur ces femmes les hommes d'Eglise qui dirigeaient leur moral sense et s'efforçaient de les tirer de leur perversité local. Ce que je m'emploie à montrer n'est pas le réel, le vécu, inaccessibles. Ces femmes ne seront jamais que des ombres indécises, sans contour, sans profondeur, sans accessory. Ce sont des reflets, ce que reflètent des témoignages écrits. Des témoignages datant de l'époque, tous officiels, lancés vers lepubIic,jamais repliés sur l'intime. Des textes écrits par des hommes, faits pour être dits à haute et intelligible voix, et pour enseigner. Pas plus que los angeles sculpture ou los angeles peinture, l. a. littérature du XIIe siècle n'est réaliste. Elle determine ce que los angeles société veut et doit être. Reconstituer un système de valeurs, voilà tout ce qu'il m'est attainable de faire. Et reconnaître dans ce système l. a. position assignée aux femmes par le pouvoir masculin.

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U.S. Navy Floatplanes of World War II in Action

Prior to the arrival of radar and different digital units aboard warships, the roles of searching out the enemy and recognizing naval gunfire fell to the floatplane scouts. those small 1- and 2-seat catapult-launched airplane served aboard US army ships because the eyes of the fleet till mid-1949. so much battleships carried as much as four floatplanes; cruisers with airplane hangars may perhaps accommodate as many as eight airplane; destroyers, whilst appropriate, have been restricted to just 1 floatplane.

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Mais à peu près rien ne subsiste de l'écriture féminine. Résignons-nous : rien n'apparaît du féminin qu'à travers le regard des hommes. Mais, au fond, les choses ont-elles si radicalement changé ? Hier comme aujourd'hui, la société ne montre d'elle-même que ce qu'elle juge bon d'exhiber. Cependant, ce qu'elle dit, et surtout peut-être ce qu'elle ne dit pas, permet d'entrevoir ses structures. J'ai donc relu des textes, m'efforçant de m'identifier à ceux qui les ont écrits afin de dissiper les idées fausses qui depuis en ont dérangé le sens.

Qu'ils parlent vrai, qu'ils parlent faux, là n'est pas ce qui m'importe. L'important pour moi est l'image qu'ils procurent d'une femme et, par elle, des femmes en général, l'image que l'auteur du texte se faisait d'elles et qu'il a voulu livrer à ceux qui l'ont écouté. Or, dans ce reflet, la réalité vivante est inévitablement déformée, et pour deux raisons. Parce que les écrits datant de l'époque que j'étudie – et ce caractère, dans l'espace français, n'a pas changé avant la fin du XIIIe siècle – sont tous officiels, lancés vers un public, jamais repliés sur l'intime, et parce qu'ils sont écrits par des hommes.

Comme toutes les veuves de son rang, elle se retira enfin, pour se consacrer à un troisième époux, celui-ci céleste, dans le monastère que sa famille, qu'elle-même durant sa vie, pour se purger de ses fautes, comme après son divorce, avaient comblé de faveurs. C'était Fontevraud. Guillaume le Troubadour, son grand-père, s'en était copieusement moqué, mais il l'avait lui-même, sur le tard, gratifié d'aumônes. Henri s'y trouvait déjà, sous la terre. Elle y avait conduit la dépouille de Richard. Aliénor y repose, dans l'attente du Jugement dernier.

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